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22/06/2026

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Saison open-air : quand la Suisse devient une scène

Le 4 décembre 1971, le casino de Montreux a entièrement brûlé. Pendant que la fumée s'étendait sur le lac Léman, un groupe britannique observait la scène depuis la rive — et en a tiré l'un des riffs de guitare les plus célèbres de l'histoire : « Smoke on the Water ». L'incendie s'est déclaré pendant un concert de Frank Zappa, lorsque quelqu'un a tiré une fusée éclairante dans le plafond.

Quel rapport avec l'été suisse ? Un grand. Car de juin à août, la petite Suisse se transforme en l'un des paysages festivaliers les plus denses d'Europe — et Montreux n'est que le début.

Un pays, une scène

Le Montreux Jazz Festival a été fondé en 1967 par Claude Nobs — avec un petit budget et une grande passion. C'est aujourd'hui une institution qui a accueilli sur sa scène au bord du lac des artistes de Miles Davis à Prince. À quelques heures de route, le Paléo Festival de Nyon attire chaque été environ 230 000 visiteurs — réparti sur six jours, l'un des plus grands open-airs du continent.

Ajoutez l'OpenAir St. Gallen dans le Sittertobel, le Gurtenfestival sur la colline de Berne et des dizaines d'événements plus petits dans presque chaque canton. Pour un pays d'à peine neuf millions d'habitants, cette densité est remarquable.

Le saviez-vous ? Le Paléo Festival est si populaire que les billets se vendent régulièrement en quelques heures — souvent bien avant même l'annonce de la programmation. On achète sur la confiance.

Pourquoi l'open-air, c'est autre chose

Ce n'est pas seulement la musique. C'est le mélange de soirées d'été douces, de prairies remplies de monde et de cette sensation que le temps s'arrête pour quelques heures. La recherche sur les effets de la musique live suggère que la vivre ensemble favorise la libération d'hormones du bonheur — peut-être la raison pour laquelle on se souvient encore d'un concert des années plus tard. Et puis il y a cet instant où des milliers de voix chantent le même refrain — frissons garantis.

Petite parenthèse : qui vous vend au juste votre billet de festival ?

Avant que vous ne sortiez votre téléphone à l'entrée, ce billet traîne derrière lui une histoire étonnamment suisse — une histoire dans laquelle les banques ont sans cesse eu leur mot à dire.

Ticketcorner, leader du marché aujourd'hui encore, n'a pas été fondé en 1987 par des organisateurs de concerts, mais comme instrument marketing de la Société de Banque Suisse — la banque voulait attirer un public jeune dans ses agences. En 1999, les marques Ticketcorner, Ticketline, Ticket4you et Ticketphone ont fusionné pour devenir Ticketcorner AG. L'entreprise a ensuite changé de mains au rythme de l'économie suisse : en 2001 le groupe technologique romand Kudelski, puis en 2010 le géant allemand CTS Eventim — pour 65 millions de francs, conjointement avec la maison d'édition Ringier.

Lorsque Ticketcorner a voulu plus tard fusionner avec son plus grand rival Starticket (Tamedia), la Commission de la concurrence s'y est opposée. La solution fut élégante : pas de fusion, mais un groupe de billetterie commun. Starticket s'appelle aujourd'hui «See Tickets» — lui aussi issu de l'univers Eventim.

Et le côté «jaune» ? PostFinance a elle aussi tenté sa chance : avec la «PostFinance Card Ticket», elle proposait sa propre carte d'entrée et une plateforme de réservation — billets de concert et même forfaits de ski pouvaient être chargés directement sur la carte. La tentative est restée un épisode : fin 2010, PostFinance a abandonné la Card Ticket et a renvoyé sa clientèle vers — eh oui — Ticketcorner. (Le grand portail Internet «yellowworld» de la Poste s'est lui aussi soldé par un échec en 2014. Avec le jaune, impossible de gagner de l'argent en ligne.)

Face à toute cette concentration, un contre-pôle s'est formé : Petzi, la fédération des clubs de musique suisses, gère une billetterie solidaire à but non lucratif avec des frais volontairement bas. Et Eventfrog inverse complètement le modèle — billets gratuits pour les organisateurs, financés par la publicité. La bataille pour votre billet de festival est donc loin d'être tranchée.

On profite mieux quand on est préparé

Quiconque s'est déjà retrouvé au point de rendez-vous avec un téléphone déchargé le sait : le bon équipement fait la différence. Une batterie externe compacte permet de réussir la photo du festival même le soir — et de planifier le retour.

Pour les soirées douces au parc ou l'avant-fête sur le balcon, une enceinte Bluetooth résistante aux intempéries vaut la peine. Et comme l'été suisse est notoirement capricieux, une veste de pluie pliable a sa place dans le sac, tout comme une bouteille isotherme qui garde les boissons fraîches pendant des heures.

Pour votre place sur l'herbe, une couverture de pique-nique légère ou un tabouret pliable vaut de l'or — et quand la nuit tombe, une petite lampe LED ou solaire apporte à la fois repère et ambiance. De petites choses qui rendent une longue journée de festival nettement plus agréable.

D'ailleurs : dans les pays germanophones, « Open Air » est utilisé comme un nom pour désigner un festival — un pseudo-anglicisme. Les anglophones disent plutôt open-air concert ou music festival.

La saison est à vous

Que ce soit un grand festival ou un concert spontané dans le parc du quartier — l'été est fait pour les soirées à ciel ouvert. N'hésitez pas à parcourir notre assortiment si vous souhaitez compléter votre équipement pour la saison. Et dites-nous : sur quelle scène vous rendez-vous cette année ?